François Loret juillet - 27 - 2010 Processus d'innovation, l'innovation selon Stratinnov

L’innovation technologique en France

La performance de la France en matière d’innovation se situe dans la moyenne des pays européens. Elle est classée 10ième par le tableau de bord européen de l’innovation (source : Commission européenne 2008). L’intensité de l’investissement privé en R&D est moindre en France que dans différents pays à hauts revenus, notamment le Japon, l’Allemagne ou les EEUU. Et la croissance des dépenses de R&D des entreprises a été inférieure aux moyennes mondiale et européenne en 2008. Ce diagnostic s’explique en grande partie par une recherche industrielle concentrée sur quelques secteurs, avec une spécialisation dans les secteurs de moyenne et moyenne haute technologie essentiellement réalisée dans quelques branches industrielles (automobile, pharmacie, équipements de communication aéronautique) et par les grandes entreprises.
Quelque soit le pays, force est de constater que la propension à innover des entreprises croît avec la taille. Cependant, la France se démarque de ses partenaires européens par une forte activité innovante de la part de ses grandes entreprises (les trois quarts), ce qui la place au 10ième rang européen et encore loin de son partenaire historique allemand.

A contrario, seulement une petite entreprise sur trois et une entreprise moyenne sur deux ont été impliquées dans ce genre d’activité en France selon une étude récente (2006). Au niveau européen, quatre petites entreprises sur 10 ont déclaré être innovantes sur la même période, six en ce qui concerne les entreprises moyennes. Bien que ces deux derniers taux soient relativement proches de la moyenne européenne, la France se retrouve malgré tout dans le peloton de queue des pays avec des PME[1] les moins actives en matière d’innovation devant la Grèce, l’Espagne et le Royaume-Uni.
En particulier, les PME françaises appartenant à un groupe innovent plus que les PME indépendantes (63%). C’est notamment le cas des entreprises innovantes de taille moyenne dont les trois quarts sont détenus par un groupe. En revanche, les petites entreprises françaises n’appartenant pas à un groupe innovent davantage (56%). Il est à noter que les PME industrielles qui innovent appartiennent plus souvent à des groupes que les entreprises de services.
Plus le marché principal est vaste, plus la propension à innover est élevée. Le comportement moyen des PME françaises innovantes au regard de la taille du marché de référence est en général au-dessus de la moyenne de l’UE, mais il reste cohérent avec la tendance générale européenne ; ce qui laisse présager un comportement d’innovation plutôt homogène de l’ensemble des PME européennes, à quelques exceptions près comme le poids du marché de voisinage pour les PME innovantes italiennes et espagnoles (18%).
La motivation à innover varie également selon le domaine d’activité si l’on tient compte simultanément de la taille des entreprises et de la dimension de leur marché principal. Ainsi, pour l’industrie, les entreprises françaises innovent davantage lorsqu’elles sont confrontées à des marchés de dimension nationale (51%) et internationale (40%), tandis que, dans les services, les entreprises les plus innovantes sont celles qui s’adressent majoritairement au marché national (56%), voire local (34%). Les petites entreprises innovantes (tout comme les plus de 250 salariés) ont tendance à se conformer à cette tendance ; quant aux entreprises innovantes de taille moyenne, qu’elles soient industrielles ou de services, le marché de référence est a minima de taille nationale.


Source : Regards sur les PME nº10 (Caisse de Dépôts, OSEO), États Généraux de l’Industrie (Rapport Innovation et Entrepreneuriat 2010).


Les PME innovantes françaises

La photographie des PME innovantes françaises balaye un ensemble d’entreprises de nature très hétérogène (industrie agroalimentaire, industrie manufacturière, commerce, banques, assurances, services, …) couplé avec la diversité relative au monde de l’innovation (incrémental ou de rupture ; de produit, de procédé, commercial, organisationnelle, financière, de gestion, …). Elles sont un peu plus de 6400 PME en France à innover employant environ 153000 personnes et réalisant un chiffre d’affaires global de l’ordre de 24 milliards d’euros. Plus précisément, la moitié des PME innovantes françaises de trois ans et plus réalisent un chiffre d’affaires annuel supérieur à 2,2 millions d’euros (quatre sur dix ont un chiffre d’affaires compris entre 1,5 et 7,5 millions d’euros et parmi celles-ci, une sur trois emploie entre 10 et 50 salariés) ; quant aux PME réalisant moins de 0,75 millions d’euros, près de neuf sur dix emploient moins de 10 personnes, 33% d’entre elles sont âgées de trois à cinq ans et autant ont entre cinq et dix ans.
En général on constate la persistance d’une taille modeste en chiffre d’affaires sur une durée plus longue, ce qui vient corroborer l’idée d’un temps nécessaire à l’innovation, au-delà de raisons économiques, juridiques ou sociales qui font que le dirigeant d’une PME ne souhaite pas toujours faire croître son entreprise au-delà d’un certain seuil. En effet, il faudrait compter environ une dizaine d’années avant de pouvoir être présent sur le marché avec son innovation, que l’entreprise soit mature ou nouvellement créée pour porter le projet (cette durée peut être plus courte dans des secteurs comme les TIC ou beaucoup plus longue comme dans les domaines de la santé). Une fois sur le marché, l’atteinte d’un niveau de commercialisation satisfaisant nécessite là encore quelque temps selon le degré d’innovation (incrémental ou de rupture impliquant un changement d’habitudes ou de consommation) et la propension des consommateurs ou des clients à adopter rapidement la nouveauté.
Quant au montant total des projets d’innovation en cours, il s’élève à 2,6 milliards d’euros, soit près de 11% du chiffre d’affaires renseigné ci-dessus, ce qui dénote une implication forte de ces PME en innovation.


Source : OSEO.

Âge

En 2007, plus d’une PME sur quatre est une entreprise innovante en phase de création, voire de démarrage de l’activité. Pour les « moins de 3 ans », plus d’une PME sur deux en est même à son année de création.
Quant aux entreprises plus matures (trois ans minima) la moitié d’entre elles a plus de douze années d’existence, les entreprises âgées de dix ans et plus continuant de relever le défi de l’innovation (elles représentent quatre PME innovantes sur dix).

Effectif

La taille des PME qui innovent se montre modeste (85% ont un effectif de moins de 50 personnes). La plupart sont des PME de 10 à 50 salariés de plus de trois ans, ces dernières représentant la moitié des entreprises innovantes employant moins de 10 personnes. Ce constat pourrait être lié au fait de considérer l’innovation comme un vecteur de maintien de la position concurrentielle, et l’entreprise n’ayant pas besoin de grandir, au moins en effectif, par rapport à ses concurrents et/ou à la dimension de son marché. En effet, un accroissement de taille confronterait l’entreprise à des contraintes supplémentaires de type social ou légal, par exemple, ce qui peut être jugé trop important par rapport aux gains économiques attendus. Dans une vision plus dynamique, la raison serait peut-être à rechercher dans le temps de l’innovation : le délai nécessaire à une entreprise innovante pour mettre au point son innovation (deux ans à plus d’une dizaine d’années selon les secteurs) et développer, grâce à elle, un courant d’affaires conséquent.


Secteurs d’activité
Arrivent en tête et à une distance certaine de l’industrie, deux secteurs des services aux entreprises : les activités informatiques (18%) et, dans une moindre mesure, architecture, ingénierie et contrôle (11%).
Viennent ensuite dans des proportions assez stables au cours des dernières années les secteurs de l’industrie tels que les équipements mécaniques (8%) ou électriques et électroniques (6%). Le commerce regroupe, quant à lui, 7% des PME innovantes, juste devant les PME spécialisées dans la R&D (6%) ou encore les industrie agroalimentaires (5%).
Les PME innovantes des services aux entreprises et du commerce sont toujours majoritairement des structures de petite taille (moins de 10 personnes) tandis que dans l’industrie, 30 à 40% des PME innovantes ont entre 10 et 50 salariés et 20 à 30% d’entre elles emploient plus de 50 personnes.
Localisation géographique
Ile-de-France et Rhône-Alpes rassemblent près d’une PME innovante sur trois. PACA, Nord-Pas-de-Calais, Aquitaine, Pays de la Loire, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon accueillent le second tiers.


Fonds propres et endettement

Les PME ont besoin de fonds propres conséquents dès le démarrage du projet ou la création de l’entreprise et sur une période relativement longue afin de financer non seulement le programme d’innovation mais aussi sa commercialisation ou sa mise en œuvre au sein de l’entreprise, phase tout aussi importante dans la réussite de l’entreprise qui a mis au point une innovation.
Le niveau médian des fonds propres des PME innovantes en 2007 est de 373 K€. Cependant, la situation est très différente selon l’ancienneté de l’entreprise. La moitié des PME innovantes de trois ans et plus possède plus de 500 k€ de fonds propres, un quart se situe même au-delà des 1,5 million d’euros (industries de la mécanique, des composants, de la chimie-caoutchouc-plastiques et services aux entreprises avec les activités informatiques). Quant aux jeunes entreprises innovantes, elles sont naturellement moins dotées en fonds propres : le niveau médian n’est alors que de 76 k€ et quatre acteurs sur dix sont capitalisés en deçà de 50 k€.
La moitié des PME innovantes a un taux d’endettement inférieur à 17% (dette financière/ressources durables). Un niveau d’endettement élevé est relativement plus fréquent chez les jeunes entreprises : un tiers d’entre elles a une dette à caractère financier qui représente la moitié voire plus de leurs ressources durables contre seulement une PME innovante de trois ans et plus sur dix.


Les besoins des PME innovantes françaises

Les PME innovantes françaises, comme la majorité des européennes, portent leurs efforts d’innovation avant tout sur les produits (79%) et six PME sur dix réalisent des innovations de procédé. Toutefois, environ quatre PME sur dix en France comme en Europe éprouvent le besoin d’innover simultanément sur les produits et les procédés.
La taille des entreprises influe peu sur le comportement d’innovation technologique lorsqu’elles innovent soit en produit, soit en procédé : les PME portent principalement leurs efforts d’innovation sur le produit, ensuite sur les procédés. Lorsqu’il s’agit d’innover sur les deux volets à la fois, on retrouve un effet « taille » du fait de la difficulté à porter les deux types de changement en parallèle : les petites entreprises sont en retrait avec 34% contre 40% pour les moyennes et 58% pour les grandes.
Les PME industrielles françaises ont tendance à privilégier les nouveaux produits (82% contre 73% pour les services) quelle que soit leur taille, tandis que les innovations de procédé ont un poids plus important pour les PME de services (62% contre 56%). Quelques exceptions sectorielles françaises sont cependant à noter : les secteurs de l’édition, imprimerie, reproduction, de la métallurgie, transformation des métaux et des banques et assurances privilégient les innovations de procédé.
Cette volonté de mettre au point avant tout de nouveaux produits avait pour objectif, pour 41% des entreprises françaises qui ont innové, d’élargir ou de renouveler leur gamme de produits de même que conquérir de nouveaux marchés ou augmenter leurs parts de marché (effet avec un degré d’importance élevé). Une entreprise sur trois a pu ainsi via ses innovations améliorer la qualité de ses produits ou services. Côté procédé, accroître sa capacité de production est un effet induit de l’innovation reconnu comme très important par 22% des entreprises françaises ; le gain en flexibilité et la réduction des coûts de main d’œuvre ne comptant fortement que pour 18% d’entre elles.
Quelques particularités sectorielles françaises sont à noter par rapport aux effets considérés comme importants :

  • l’impact produit de l’innovation sous ses trois aspects – gamme, parts de marché et qualité – est très répandu au sein des entreprises françaises des secteurs de l’agroalimentaire, de la pharmacie, parfumerie et entretien, et de la construction navale, aéronautique et ferroviaire ;
  • pour les secteurs des biens de consommation et d’équipement, des équipements mécaniques, des équipements et composants électriques et électroniques, seuls les deux premiers ont eu un effet important pour plus de la moitié des entreprises innovantes ;
  • les innovations mises en œuvre sur les procédés ont eu un impact fort et étendu (flexibilité, capacité de production et réduction des coûts salariaux) pour un quart, voire la moitié, des entreprises des secteurs des biens intermédiaires, du bois et papier, de la métallurgie et transformation des métaux et de la production de combustibles et carburants. Toutefois, la flexibilité était également un avantage recherché via l’innovation par 26 à 29% des entreprises innovantes dans les secteurs de l’automobile et de l’énergie, de même que la réduction des coûts salariaux dans les secteurs des composants, de la construction automobile, navale, aéronautique et ferroviaire, pour environ une entreprise sur trois ;
  • quant aux économies de matériaux et d’énergie, aucune entreprise n’a vraiment réalisé d’innovation ayant un impact élevé dans ce domaine ;
  • en revanche, les questions d’environnement, de santé, de sécurité ou encore de mise en conformité avec la législation en vigueur ont été particulièrement au centre des innovations réalisées par les entreprises des secteurs de l’énergie et de la production de combustibles et carburants (six PME innovantes sur dix) et, dans une moindre mesure, de la pharmacie, parfumerie, entretien et des industries de produits minéraux.

La R&D des PME innovantes
De même que leurs homologues européens (CIS4), les dernières études disponibles montrent que les trois quarts des PME innovantes françaises exécutent leur programme d’innovation en interne. Cette proportion croit avec la taille de l’entreprise : 74% pour les petites entreprises, 81% pour les moyennes et 91% pour les grandes sociétés. Ce comportement est aussi prononcé chez les PME de l’industrie que des services. Le projet est toujours réalisé intra muros lorsqu’il porte simultanément sur le produit et le procédé.
Dans le même étude, les PME françaises de l’industrie qui ont réussi leur projet d’innovation entre 1998 et 2000 sont majoritairement des entreprises expérimentées dans la conduite de programmes de R&D en interne. Sur 10 entités, quatre ont géré en continu une activité de R&D au sein de leur organisation sur la période et autant de façon occasionnelle. Seules 19% d’entre elles ont sous-traité la R&D réalisée sur ces trois années. On retrouve ici les bénéfices de l’accumulation de connaissances internes liée aux apprentissages en R&D.
Autres résultats classiques en matière d’organisation de la R&D privée industrielle :

  • La propension à pérenniser une fonction de R&D interne est proportionnelle à la taille de l’entreprise : ce comportement concerne trois entreprises de moins de 50 salariés contre quatre entités de 50 à 99 salariés et cinq de 100 à 249 personnes. Toutefois, les petites entreprises sont plus nombreuses à préférer réaliser elles-mêmes ponctuellement de la R&D (39%) plutôt que l’internaliser ou avoir recours à un prestataire de R&D (28%).
  • Le fait d’appartenir à un groupe stimule le développement d’une activité de R&D au sein de l’entreprise : 34% des entreprises indépendantes ayant mis au point une innovation sur la période font de la R&D interne en continu contre 48% pour celles appartenant à un groupe français (53% si le groupe est étranger). Cela est d’autant plus vrai que le groupe est de grande taille.
  • Dans les secteurs manufacturiers à faible intensité technologique, la sous-traitance totale est le plus souvent choisie (41% des entreprises), alors que l’intégration d’une activité de R&D au sein de l’organisation est monnaie courante dans les secteurs de moyenne-haute et haute technologie, qu’elle soit permanente (environ les deux tiers) ou ponctuelle (un quart).

À noter que, dans certains secteurs, il est courant que les entreprises innovantes (toutes tailles confondues) externalisent les activités de R&D. C’est le cas des industries agroalimentaires, de l’édition, imprimerie, reproduction et de l’habillement, cuir et industries diverses; mais aussi du commerce et de l’intermédiation financière. À l’opposé, dans la pharmacie, parfumerie, entretien, les biens d’équipement en général, la chimie, caoutchouc, plastiques, les composants électriques et électroniques, l’industrie textile et l’énergie et eau, la moitié, voire même deux tiers, des entreprises développent leur propre activité de R&D.
En 2006, les PME françaises ont exécuté 19% des dépenses intérieures de R&D des entreprises (DIRDE[2]), soit 4,48 milliards d’euros ; à peine plus que les entreprises de 250 à 1000 salariés (17%) mais trois fois moins que les plus grandes entreprises (15,6 milliards d’euros). Les PME ont également externalisé une partie leur activité de R&D pour un montant de 748 millions d’euros, soit 13% du montant total et six fois moins que les entreprises de 1000 salariés. Les dépenses intérieures en R&D des PME françaises concernent d’abord les activités des services informatiques (16% du DIRDE), les activités industrielles pharmaceutiques (13%), les activités de fabrication d’équipements radio, télé et communications (12%), et celles de fabrication d’instruments médicaux, de précision ou optique (9%). Les PME sont les premiers exécutants de R&D dans les branches d’activité ingénierie, études et contrôles techniques (87% de la DIRDE), de frabrication de matériaux de construction (68%), des services informatiques (63%) et de l’agriculture, sylviculture, pêche et aquaculture (54%).
La DIRDE des PME est concentrée à 61% dans quatre régions : 30% en île-de-France, 18% en Rhône-Alpes, 7% en PACA et 6% en Midi-Pyrénées. Dans le Nord-Pas-de-Calais, les PME sont le premier acteur dans le domaine des activités de R&D (en termes de dépenses intérieures R&D de la région). Elles ont aussi une place importante dans les régions Centre, Alsace et Lorraine. Concernant les départements d’outre-mer, l’activité de R&D est essentiellement exécutée par des PME.
Source : MESR, OSEO, Regards sur les PME nº10 (Caisse des Dépôts, OSEO).
Les effectifs R&D:
Autour de 5% du personnel des entreprises françaises innovantes est impliqué dans une activité interne de R&D, ce qui place la France au 6ème rang ex aequo avec la Finlande, derrière principalement la Suède (8%) et l’Allemagne (6%).
Cependant, ce chiffre cache une réalité bien différente pour les PME françaises : ce taux est parmi les plus bas de l’UE en 2000 pour les moyennes entreprises sinon le plus bas pour les petites unités. Le constat est le même que ce soit pour les entreprises industrielles ou pour les sociétés de services.
L’analyse du nombre de personnes impliquées en R&D selon leur niveau d’éducation montre les mêmes tendances. Les PME emploient un peu plus d’un chercheur[3] en entreprise sur quatre (la proportion reste la même pour l’effectif travaillant en R&D dans les entreprises, à savoir chercheurs et personnel de soutien scientifique et administratif). En moyenne, les PME sont les structures qui présentent le plus de chercheurs parmi l’effectif alloué aux activités de R&D : en effet, 32000 chercheurs et ingénieurs en R&D employés dans les PME représentent 61% de l’effectif de R&D des PME, alors que toutes catégories d’entreprises confondues leur proportion au sein de l’effectif R&D n’est que de 56%. La France détient le taux d’employés en R&D de niveau supérieur le plus bas d’Europe pour les entreprises de moins de 50 salariés (12%) et se situe, avec l’Espagne et la Finlande, parmi les trois derniers pays au regard des entreprises moyennes (21%).
Les données européennes sur le niveau d’emploi des Ressources humaines en science et technologie (RHST) dans les pays européens, indépendamment de la taille des entreprises, confirment le manque de recrutement de haut niveau dans les entreprises françaises : en 2000, quatre employés sur 10 relevaient du statut de RHST en France. Ce chiffre correspondait au taux moyen de l’UE, mais dans six pays, ce niveau d’emploi des RHST est de cinq voire six personnes, notamment dans les pays nordiques.
Le secteur des services investit davantage dans un niveau élevé de compétences avec quasiment cinq RHST pour 10 employés, contre trois seulement pour le secteur manufacturier. Mais là encore, le taux reste bien en deçà de celui des six premiers pays européens.
Au regard de l’intensité technologique des secteurs d’activité, avec la moitié de RHST parmi le personnel, la France tire son épingle du jeu dans les services à haute technologie et haut niveau de savoir, et dans une moindre mesure dans les secteurs manufacturiers à haute et moyenne-haute technologie ; seuls les quatre pays du nord de l’Europe font mieux.
Les résultats sont quelque peu différents en matière d’emploi de scientifiques et d’ingénieurs par les entreprises. En effet, même si, en 2000, la France demeure là aussi en retard par rapport à la plupart de ses partenaires européens (taux d’emploi de 4,8% contre 5,5% pour la moyenne européenne), la situation est hétérogène selon le secteur d’activité.
Cet écart est exacerbé dans les secteurs les plus intenses en technologie: ainsi, les entreprises manufacturières françaises se placent au quatrième rang, juste derrière l’Allemagne, le Royaume-Uni et la Finlande, alors que les entreprises de services occupent l’avantdernière place de la zone européenne en 2000, devant l’Autriche. A contrario des données sur les RHST, l’emploi de scientifiques et d’ingénieurs dans les secteurs manufacturiers de moyenne-faible technologie est élevé, avec un taux d’emploi de 3,3% pour une moyenne européenne de 2%, positionnant ainsi la France dans le groupe de tête des pays européens, juste derrière la Finlande (3,4%).
Le partenariat R&D:
28% des entreprises innovantes françaises ont coopéré pour développer leur nouveau produit, procédé ou service en termes d’innovation technologique entre 1998 et 2000. Ces coopérations concernent l’externalisation de prestations avec collaboration active. Cette propension à collaborer croît avec la taille : une sur cinq pour les moins de 50 salariés, un tiers pour les 50 à 249 salariés et la moitié pour les 250 salariés et plus.
Cette relation taille-coopération pose trois questions principales :

  • Celle de l’impact des ressources humaines et financières à dédier au montage et au suivi des partenariats.
  • Celle du déséquilibre potentiel dans le pouvoir respectif des organisations de faire respecter les termes des contrats. Dans les coopérations en R&D menées hors du groupe, 70% des relations sont considérées comme équilibrées, mais cela est lié au fait qu’elles sont construites sans leader (la recherche étant effectuée en commun dans 34% des cas) et inscrites dans la durée (90% des collaborations ont plus de un an et 58% ont une durée comprise entre un et cinq ans). Par ailleurs, si la moitié des relations de coopération sont non contractuelles, c’est parce qu’elles ne débouchent que très rarement sur un brevet ou une licence et qu’elles n’exigent pas d’investissement spécifique.
  • Celle de la culture d’entreprise. Si les PME innovantes françaises coopèrent en général plus facilement que la plupart des PME européennes pour développer tout ou partie de leur projet, l’écart se creuse entre entreprises de petite taille et de moyenne taille dans la mesure où, pour les premières, la notion de partenariat ne fait pas encore partie des habitudes.

Coopérer pour innover est un comportement davantage répandu dans lindustrie que dans les services en France (trois entreprises industrielles contre deux sociétés de services). C’est un comportement homogène sur la population européenne à l’exception des pays nordiques, dont le modèle de développement dans le secteur des services a apparemment atteint un stade de maturité plus avancé que celui des autres pays européens, se rapprochant par conséquent davantage des modes d’innovation dans l’industrie. Mais il reste difficile de préciser la nature du partenaire (membre du groupe, client, fournisseur, concurrent) et sa nationalité du fait d’un manque important de réponses sur le sujet.
Du point de vue de la nature des partenaires, les PME gèrent de plus en plus leur projet d’innovation avec leur réseau en faisant participer à l’élaboration de l’innovation les acteurs situés en amont et en aval de leur activité : 50% y associent au moins un fournisseur et 36% au moins un client.
Quant aux relations avec les organismes de recherche, plus la taille est élevée, plus elles sont fréquentes : ont collaboré avec les universités et établissements d’enseignement supérieur 21% des entreprises de 20 à 49 salariés, 25% des 50 à 99 salariés, 32% des 100 à 249 salariés, 38% pour les 250 à 499 salariés et 50% pour les 500 personnes et plus. Le comportement est similaire pour les partenariats avec les organismes publics de recherche ou institutions privées à but non lucratif.
Lorsque les secteurs sont d’intensité technologique élevée, les partenariats sont alors ancrés dans la culture de l’entreprise, notamment pour innover :

  • une organisation partenariale s’installe en particulier avec des acteurs de nationalité différente (UE/AELE, États-Unis/Canada et Japon) ;
  • les universités, établissements d’enseignement supérieur et les organismes de recherche publics deviennent des partenaires privilégiés dans la moitié au moins des collaborations établies… ;
  • … toujours aux côtés des fournisseurs, des clients, voire même des concurrents.

Les sources d’information
Les projets d’innovation des PME françaises reposent essentiellement sur les connaissances développées intra muros (usage reconnu moyen et intensif : 62% des petites entreprises et 75% des moyennes) et celles collectées auprès de leurs clients (usage moyen et intensif : 51% des petites unités et 66% des entreprises moyennes).
Bien que le fournisseur soit un partenaire de choix dans les coopérations, il constitue une source d’information secondaire. Le comportement de captation d’information en provenance des concurrents ou d’autres acteurs de l’activité est similaire.
En revanche, quelle que soit la taille des entreprises, les informations détenues par les membres du groupe ou les organismes de recherche – tous types confondus – sont largement sous-exploitées puisque cinq à six PME sur 10 déclarent ne jamais les utiliser. Cela pose les questions, notamment pour les organismes de recherche, de la méconnaissance de leurs compétences par les PME et des services qu’ils peuvent leur apporter, de l’impression généralement répandue selon laquelle leurs travaux de recherche sont difficilement accessibles pour les PME, de la ressource humaine disponible et compétente pour faire de la veille sur les productions externes de savoir et de technologie et/ou de la considération de cette fonction de veilleur comme stratégique pour le développement de la société.
Les PME industrielles françaises ont tendance à utiliser de façon intensive les informations en provenance du marché, quasiment deux fois plus que les PME de services en ce qui concerne le client comme source d’information intense. Toutes proportions gardées, les PME de services ont tendance à privilégier deux fois plus les organismes de recherche comme source importante d’information que les PME industrielles, ce qui dénote là encore un modèle de comportement d’innovation fondé sur des principes quelque peu différents de ceux de l’industrie.
Ces comportements sont pour la plupart conformes à la moyenne des PME européennes qui ont innové sur la période, avec une légère tendance française à privilégier les clients et les concurrents et à délaisser les sources telles que les organismes de recherche, ce qui place les PME françaises au 10ème rang européen pour cette dernière source d’information mais à la 4ème place pour la première.
Les dépenses relatives à l’innovation des PME
La R&D est la source principale d’innovation des PME françaises et européennes, devant l’acquisition de biens et de connaissances externes. Ainsi, deux tiers des entreprises industrielles qui ont introduit une nouveauté sur la période ont financé des programmes de R&D internes ou externes. Cependant, cette propension à s’impliquer en R&D est relativement plus faible dans les secteurs d’intensité technologique faible tels que l’édition, imprimerie où seulement une entreprise sur quatre a réalisé de la R&D pour innover.
Dans la mesure où les projets se déroulent le plus souvent en interne, le premier poste de dépenses est logiquement la R&D intra muros pour la moitié des petites entreprises françaises qui ont eu une activité d’innovation et deux tiers des moyennes. Pour trois à quatre PME sur 10, l’innovation au sein des PME passe ensuite par l’acquisition de nouveaux biens d’équipement et la formation des individus aux nouvelles technologies de production, de vente… Cependant, il est impossible de connaître leur destination.
Quant à la recherche de complémentarité technique ou scientifique via la sous-traitance de R&D et à l’acquisition de connaissance externe, leur faible niveau correspond là aussi logiquement aux résultats obtenus sur la coopération et les sources d’information utilisées en priorité pour innover.
Toutefois, les résultats pour l’ensemble des PME par taille et indépendamment du secteur d’activité lissent quelques particularités sectorielles :

  • les dépenses internes de R&D sont nettement plus présentes du côté des PME industrielles ;
  • Les PME industrielles sont proportionnellement plus nombreuses à investir dans l’acquisition de biens d’équipement et sur les aspects non technologiques, à savoir le design, le dépôt de brevet, les études de marché, le lancement de l’innovation, la publicité autour de la nouveauté… ;
  • les PME de services font davantage appel à des connaissances externes pour innover ;
  • enfin, ces particularités ne sont pas propres à la taille des PME puisque le comportement des grandes entreprises de l’industrie et des services est similaire, voire amplifié.

Le soutien public à la recherche des entreprises et à l’innovation a été largement renforcé ces dernières années (CIR, JEI, OSEO, ANR, Instituts Carnot, Fonds Régional à l’Innovation en Ile-de-France,…). Les dispositifs d’aide à l’innovation, qui sont concentrés sur l’innovation d’origine technologique, sont appréciés et reconnus comme efficaces par les acteurs et les études économiques. Avec 389 millions d’euro, la part des financements publics destinés à soutenir la DIRDE des PME (hors aides fiscales) s’élève à 14%, alors que les entreprises de 1000 salariés et plus collectent 2061 millions d’euro, soit 75% des fonds publics de soutien à la R&D et à l’innovation. Cette répartition des fonds entre PME et grandes entreprises demeure différente du poids de chacune de ces deux catégories d’entreprises dans la DIRDE (19% et 64% respectivement). Ces soutiens publics permettent par conséquent de financer 9% de la DIRDE exécutée par les PME contre 13% pour les grandes entreprises (11% pour l’ensemble des entreprises).
Source : Ministère de la Recherche, Regards sur les PME nº10 (Caisse des Dépôts, OSEO), Etats Généraux de l’Industrie (Rapport Innovation et Entrepreneuriat 2010).

L’accompagnement et le pilotage de l’Innovation

L’innovation devient un des principaux facteurs de croissance économique et de survie des PME françaises. Face à la concurrence, l’innovation constitue un facteur clé de différenciation et de valeur ajoutée pour les entreprises dans un environnement régi par la crise économique et des défis globaux.
On constate que la rencontre se fait insuffisamment entre les idées d’innovation, émanant d’un chercheur public ou privé, d’un salarié d’une grande entreprise ou d’une PME, et les compétences et moyens commerciaux et en management de projet. Ce lien est nécessaire pour transformer des idées en nouveaux produits, services ou process. Trop d’équipes entrepreneuriales restent centrées sur une compétence (ingénieurs, commerciaux) ou sur une technologie initiale, en dépit d’un savoir-faire reconnu en ingénierie qui permet de fédérer ces « briques » de l’innovation. Les liens restent distendus entre, d’une part, l’université et l’entreprise, et d’autre part entre les écoles de commerce et celles d’ingénieurs.
En matière de financement, la « vallée de la mort » (ou « equity gap ») constaté dans d’autres pays existe aussi ici. En dépit de certaines actions (CDC entreprises, FSI France Investissement, etc.) l’investissement privé dans le capital amorçage (financement en capital d’entreprises innovantes dans les premières phases de leur vie) est perçu comme le maillon faible du financement des entreprises innovantes. Celles-ci connaissent, en phase d’amorçage, des difficultés à trouver des fonds entre le financement apporté par des proches ou des business angels et celui fourni par le capital risque. Ceci provient du fait que les possibilités de sortie des capitaux investis en amorçage sont limitées. Ainsi un fossé de liquidité limite, faute de fonds propres suffisants, le développement des jeunes entreprises innovantes et des projets innovants. Il précarise leur chance de créer la valeur nécessaire pour attirer les tours de financement suivants. Plus globalement, la chaîne de financement des entreprises innovantes connaît des difficultés conjoncturelles (la crise) et structurelles (les effets de la directives Solvency 2 sur l’investissement des assureurs). Les capacités du capital investissement à financer les phases de développement sont limitées.
Plus encore que la disponibilité des crédits ou celle de bons projets, le financement des entreprises de croissance échoue faute d’accord entre les parties sur les conditions d’apport des fonds. Les entreprises technologiques ont une problématique de financement spécifique : des capitaux importants sont nécessaires pour assurer leur développement, particulièrement si le projet est ambitieux et l’innovation radicale. Elles ont également besoin d’un accompagnement stratégique (analyse technologie/marché, constitution de l’équipe, intelligence économique) qui nécessitent des équipes très qualifiées dans le secteur technologique concerné.
L’insuffisante création de valeur issue de l’innovation suggère que certains instruments doivent être ajustés et qu’il reste des améliorations à réaliser pour faire croître les entreprises innovantes. Nonobstant, une certaine dispersion des acteurs publics compétents en termes d’accompagnement des entreprises entraîne une méconnaissance de la part des entreprises de l’ensemble des différents dispositifs d’aide et de leurs spécificités, notamment en termes d’innovation.
Des divergences persistent entre PMI fournisseurs et grandes entreprises. Elles portent par exemple, en matière d’innovation, sur l’importance accordée par les grandes entreprises au coût de leurs achats, au détriment d’autres critères plus favorables à l’innovation. Elles se concentrent aussi sur les conditions de partage de la propriété industrielle en cas de co-développement. En outre l’absence de relations à long terme limite les projets d’investissement des PMI.
Enfin les PME achètent peu de prestations externes en matière de R&D et d’innovation, en particulier venant des chercheurs des organismes publics de recherche. Cette caractéristique observée dans d’autres pays s’explique par un manque de capacité d’absorption, le manque de temps et de moyens y compris pour les démarches administratives de la part des PME innovantes. Notons par ailleurs que de nombreuses PME participent à des projets d’innovation collaboratifs à travers lesquels elles bénéficient de contacts et de coopérations avec la recherche publique. En plus, bien que les PME ne constituent pas un ensemble indifférencié et qu’il faudrait en particulier distinguer le cas particulier des start ups, la capacité des entreprises à innover dépend souvent de leur taille. L’innovation se déploie plus facilement avec des ressources dédiées au développement des nouveaux produits ou solutions pour les clients, au marketing ou à la commercialisation. De même, les collaborations avec d’autres entreprises, centres techniques, ou laboratoires de recherche exigent de placer des interlocuteurs en face de ces partenaires de l’innovation, et d’y consacrer du temps. Or les PME ne disposent souvent pas de suffisamment de ressources.
Source : Etats Généraux de l’Industrie (Rapport Innovation et Entrepreneuriat 2010).

L’intérêt de l’offre StratInnov

Aujourd’hui, il existe de réelles opportunités en France pour les entités « interfaces » capables à la fois d’accompagner les structures publiques de recherche dans la valorisation de leurs travaux et d’aider les entreprises à résoudre leurs problématiques d’innovation. Cela est d’autant plus vrai que l’Etat soutient activement cette démarche par le biais d’incitations fiscales fortes. En effet, on constate d’atouts précieux, parmi lesquels :

  • un tissu dense de PME innovantes dont plus de 2 000 JEI ;
  • des grandes entreprises qui se donnent les moyens d’innover, dont plusieurs leaders mondiaux ;
  • des dispositifs publics incitatifs (auto-entrepreneur, mesures ISF-PME) ;
  • un fort soutien aux dépenses privées de R&D et une orientation politique claire en faveur de l’innovation ;
  • un bon niveau de formation initiale notamment scientifique ;
  • une recherche scientifique souvent en tête du peloton mondial ;
  • des universités plus autonomes.

Dans ce contexte, notre approche d’accompagnement d’innovation intégré cherche à replacer le projet d’innovation d’une PME dans son environnement, tout en tenant compte des spécificités et des intentions des acteurs. Elle est le fruit du pilotage des interactions entre connaissance, savoir-faire et marché. Notre solution permet de manager la transformation nécessaire entre la sphère industrielle et la sphère de recherche académique pour qu’une découverte rencontre avec plus de probabilité son marché. Nous instaurons ainsi un dialogue entre connaissance et innovation en nous positionnant en interface vis-à-vis des partenaires industriels, en sécurisant et optimisant la transformation en innovation.
Avec notre démarche, trois conditions nécessaires à la réussite des projets innovants au sein d’une PME sont garantis :

  • d’abord, on donne aux PME innovantes les moyens de se construire une vision de l’évolution de son environnement, grâce à des moyens d’anticipation et d’intelligence économique ;
  • on accompagne les dirigeants dans une maîtrise simultanée de compétences managériales nouvelles ;
  • on est en mesure d’aider l’équipe dirigeante à développer une vision stratégique globale, y compris sur l’utilisation et l’appropriation des technologies clés.

Grâce à notre approche d’innovation intégrée, nos clients auront à portée de main les ingrédients essentiels pour un développement réussi de leurs projets d’innovation technologique. En nous positionnant comme un partenaire qui connaît la recherche académique et les problématiques industrielles, on offre un accompagnement et un pilotage sécurisé de l’innovation tout en garantissant :

  • une réduction du temps d’accès au marché des innovations ;
  • l’adéquation entre la problématique industrielle et la solution technologique proposée ;
  • un allégement des coûts de R&D associés.

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[1] Entreprises de moins de 250 salariés, avec un chiffre d’affaires inférieur ou égal à 50 millions d’Euro conformément à la définition européenne des PME, exception faite du critère d’indépendance financière européen (ne pas être détenu à hauteur de 25% ou plus (capital ou droits de vote) par une ou plusieurs entreprises ne correspondant pas à cette définition).
[2] La DIRDE correspond aux dépenses pour travaux de R&D exécutés par les entreprises sur le territoire national, quelle que soit l’origine des fonds, et pour leur propre compte. Cela est vrai au niveau individuel, comme à un niveau agrégeant les entreprises.
[3] Diplômé de l’enseignement supérieur et engagé dans l’activité de R&D interne.